LES RANDONNEURS du CHAMPSAURVALGAUDEMAR
                                                                                                      
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4 jours en Provence en mai 2019, du 6 au 9 mai
s
ous titre: mange ton maïs et tait toi!
 Premier jour
 Départ de bonne heure (et ce pas au goût de certains), et par température hivernale (- 4, 5 degrés dans le Champsaur!) pour 2 h 30 de trajet jusqu'à Tourves et le moulin du Caramy.
Nous y retrouvons Philippe et Anne Marie qui vont se joindre à nous pour ces randos dans les collines de Provence.
Après une visite au pont romain par lequel nous reviendrons, nous partons le long du Caramy. Même ici il ne fait pas chaud. Un petit vent souffle dans la gorge pas encore éclairée par le soleil. La piste longe l'eau de plus ou moins près  et des sentiers permettent de plus s'en approcher.
Puis au delà d'une ruine, c'est un petit sentier qui prend la relève. Le parcours sportif commence: on monte, on descend, on enjambe des troncs, on grimpe des ressauts, on passe en limite de l'eau... La végétation est luxuriante.
Puis arrive l'endroit où l'on doit faire un choix: soit grimper sur de gros rochers, soit traverser le ruisseau. Celui ci coule bien. Nous optons pour la traversée. Philippe équipe une main courante. Certains choisissent de passer pieds nus, d'autres en chaussures. Fabienne préfère garder les chaussures. Il faut d'abord franchir un remous. En prenant son élan, elle accroche ses bâtons, perd l'équilibre, se cramponne à la corde mais finit tout de même en partie dans l'eau! L'autre rive atteinte, elle n'a plus qu'à quitter les vêtement trempés et essorer les chaussettes! Enfin, il commence à faire bon, ça va vite sécher.
La progression reprend sur l'autre rive jusqu'au barrage, puis progressivement nous débouchons sur le plateau de Mazaugues. Là un pont permet de franchir le Caramy. Nous nous rendons sur des dalles rocheuses qui dominent la gorge pour le pique nique en plein soleil. Les habits de Fabienne finissent de sécher.
Après la goutte de mirabelle et quelques instants de repos, nous continuons à travers le lappiaz, contournant, enjambant des fissures. C'est un vrai labyrinthe entre les chênes, très ludique mais demandant de l'attention. Nous atteignons une plateforme rocheuse au dessus de la gorge. C'est de là que nous redescendons vers celle ci par une pente raide et caillouteuse entrecoupée de ressauts. Nous arrivons devant l'entrée d'une ancienne galerie de mine qui recèle une cavité souterraine (Alain L qui a fait de la spéléo raconte comment c'est).
Encore une descente et voici de nouveau le Caramy que nous devons traverser! Francis a repéré une zone plus calme mais plus profonde et plus longue. Ce coup ci, tout le monde pieds nus et pantalons retroussés! Seuls incidents à déplorer: pantalons un peu mouillé chez les jambes courtes.
Nous regagnons le plateau et le retour s'effectue par un sentier puis une piste qui serpente dans la forêt de chênes. Une brusque descente ramène au pont romain, puis au parking.
Nous partons pour notre hébergement via Nans les Pins où nous prenons le pot de fin de rando.
Installation à l'hostellerie de la Sainte Beaume tenue par des pères (belles chambres avec salle de bain), puis repas précédé du bénédicité.
Retour dans les chambres.

 
Deuxième jour
 
Petit déjeuner un peu tardif à 8 h 15 (après l'office du matin), puis en route pour la Roquebrussanne où nous attend Philippe. Aujourd'hui, nous faisons la montagne de la Loube, circuit tourmenté mais magnifique.
Nous traversons tout d'abord le village dans toute sa longueur puis nous nous engageons sur une petite route. Celle ci se transforme en piste, puis en sentier qui serpente sous une forêt de pins et de chênes verts. Nous débouchons de nouveau sur la piste que nous quittons pour un cirque rocheux: les Orris. Une source alimente un bassin où évoluent des poissons. Une construction est adossée à la paroi rocheuse. Le coin est très arboré. Des vestiges de terrasses attestent de son occupation permanente et de cultures. Puis nous nous retrouvons au pied de la "cheminée" qui va nous permettre d'atteindre le plateau. Il y a plein de prises pour s'aider à monter. Philippe passe en tête pour équiper la sortie d'une main courante, Marie Blanche s'insère au milieu et Alain L ferme la marche. Avec plus ou moins de facilité, tout le monde se retrouve au sommet. Quelques mètres plus loin, une arche naturelle donne lieu à des photos.
Le sentier chemine dans une végétation typiquement provençale et très fournie. Il faut maintenant monter à travers les blocs de roche érodées du calcaire dolomitique qui font penser à des ruines. Nous débouchons alors sur une route goudronnée! C'est celle qu'emprunte le personnel qui entretient les antennes de la Loube. Elle est privée.
Nous la suivons sur 3 ou 400 m, puis la quittons de nouveau pour un sentier. Il n'y a pas de balisage et les départs de sentiers sont peu marqués. Il nous mène en bordure de falaise d'où la vue sur le nord porte jusqu'aux Alpes. La grande connaissance que Philippe a du secteur a permis de parcourir cet itinéraire très original entre des tours de dolomie ruiniformes sous un couvert végétal de chênes verts et blancs. C'est un parcours en crête mais la végétation très dense ne permet que d'entrevoir le paysage. Nous loupons un embranchement et passons sous la vigie. Nous poursuivons par une piste qui alimente celle ci et nous nous retrouvons sous les antennes. De là part une grande piste que nous suivons quelques dizaines de mètres avant de nouveau emprunter un sentier qui est d'abord horizontal puis ensuite descend. Il serpente au travers de gros blocs de dolomie, passe par des défilés étroits et finit en descente rocailleuse pour déboucher à un col où il y a une petite prairie verte. Mais nous avions prévu la pause un peu plus haut, au dolmen de l'Amarron et nous continuons en légère montée pendant 20 mn.
Nous débouchons dans une clairière d'herbe verte au milieu des chênes verts. Le dolmen n'est qu'un amas de pierres plates mais on imagine à quoi il devait ressembler.
Nous découvrons alors le pique nique fourni par l'hôtellerie: sachet de chips, salade de thon maïs Saupiquet, bout de pain, vache qui rit, fourrés au chocolat et fruit et une bouteille d'eau.
Pas vraiment un pique nique de randonneurs!
Enfin, quand on a faim! Soudain Marie Christine F se lève en se secouant: elle était installée sur une fourmilière!
Petite sieste et en avant pour le retour jusqu'au col, puis nous suivons un sentier classique qui chemine dans les lauriers thym, les arbousiers, les romarins, les salsepareilles, les bruyères... sous un couvert de chênes et quelques pins. Nous passons par les ruines du jas d'Emilien, les trois fontaines (à sec), le pas de la Nibble. Nous retrouvons la piste jusqu'au château d'eau, puis un sentier remonte et franchit un petit col. Plus bas se trouve la chapelle Notre Dame et son amphithéâtre. Encore un chemin caillouteux et nous retrouvons une rue qui débouche dans la rue principale. Nous empruntons ensuite le bord de la rivière où des pont privés amènent aux maisons.
Le bar est fermé et nous quittons la Roquebrussanne assoiffés!
En cours de route, nous allons voir la glacière Pivaut (en savoir plus: www.merveilles-du-var.net/mazaugues-les-glacieres). Elle a été restaurée par le CD83 et vaut le détour.
Retour à l'hostellerie où le bar est ouvert. Un détachement va le tester: fréquentable.
Après le repas, réunion de bureau afin de préparer la fête de la rando RCV du 8 juin.

 
Troisième jour:
 
Philippe et les Boyer nous rejoignent à l'hostellerie. Départ passé 9 h car il semble qu'ils aient oublié de préparer les pique-niques.
Le temps est maussade mais sec, puis quelques gouttes s'écrasent sur les pare brises. Au parking de la chartreuse de Montrieux le jeune, quelques gouttes, puis de nouveau sec.
Nous entamons la montée vers la chartreuse dans une forêt digne de régions plus humides. C'est un versant nord au pied de collines abruptes. La fraîcheur s'y conserve.
Pause à la chartreuse pour quelques photos. Philippe nous indique un sentier qui permet d'éviter la piste et nous progressons dans la forêt sur un tapis de feuilles mortes. Il fait un peu sombre car des gros nuages défilent. Nous débouchons sur la piste, la quittons à nouveau, la rejoignons, avant de la quitter carrément pour un sentier qui n'est pas sur les cartes et fait traverser un groupe d'aiguilles appelées les Friginiaires. Elles sont plus nombreuse mais moins hautes que celles de Valbelle. Le parcours est chaotique sur la fin car nous contournons les aiguilles, passons entre elles, escaladons leur base pour enfin déboucher sur la piste au dessus du site de Valbelle. Le ciel est chargé mais pas de pluie. Nous dominons les aiguilles et décidons de descendre à leur pied pour le pique nique. Et c'est en face d'une d'entre elles que nous ouvrons les sacs. Surprise: salade de thon maïs Saupiquet, chips, vache qui rit, fourré au chocolat... On va se régaler!
Après ce festin, nous remontons la piste pour la quitter rapidement et suivre un sentier qui s'élève dans la forêt. Il en rejoint un plus grand que nous suivons jusqu'à un carrefour. Là se trouve un chêne sur lequel une pancarte métallique avait été clouée. Au fil des années, il a incorporé celle ci à son tronc en la roulant et en faisant déborder son écorce par dessus: prodigieux (Alain L a connu le début du processus il y a plus de 30 ans)!
Un peu de piste puis un sentier en très légère montée surplombe la plaine de Valbelle. Au débouché sur une piste, à 3 mn se trouve une arche de pierre sous laquelle on passe et sur laquelle on peut monter. Un bassin avait été construit à sa base et les eaux de ruissellement collectées. Nous rencontrons un autre ouvrage de ce type où une grande dalle inclinée est équipée d'un muret et récoltait ainsi l'eau de pluie. En ces lieux secs et aux sources rares, il fallait avoir de l'imagination pour y vivre. Poursuivant le sentier, nous débouchons au pas de Belgentier qui permet de rejoindre cette localité de la vallée du Gapeau située 300 m plus bas.
La suite du programme suggérée par Philippe consiste à suivre un tout petit sentier assez raide qui longe les falaises en s'insinuant dans une végétation très dense encombrée de blocs. Il permet de rejoindre la crête et de basculer vers la chartreuse. Quelques erreurs d'orientation inhérentes au fouillis qui règne là dessous nous font parfois rebrousser chemin. Nous sommes dans le nuage et il commence de bruiner. C'est quand nous atteignons le sommet et le sentier de descente que la pluie se met à tomber. Ponchos et goretex sortent des sacs et c'est le défilé du carnaval!
La descente est rendue glissante par la pluie. Quand ça se calme, ce sont les arbres qui s'égouttent! Enfin la chartreuse est en vue. Le reste du retour au parking se fait sous une bruine fine.
Nous embarquons dans les voitures et cap sur l'hostellerie, avec une visite au bar qui est plein comme un oeuf.

 
Quatrième jour:
 
Ce matin, nous quittons nos chambres et chargeons les voitures. Il fait tout bleu mais avec un fort Mistral. Nous rejoignons Philippe et Anne Marie à Mazaugues pour nous rendre au Mourre d'Agnis. C'est une randonnée en crête et le vent ne va pas nous épargner!
Nous commençons par emprunter le GR 99, retrouvons le début de la piste de Caucadis, puis continuons par le GR. Celui ci monte sur le versant nord et le vent n'est pas sensible car nous sommes en forêt. Puis nous rejoignons progressivement la crête et des trouées laissent filtrer des rafales. Mais globalement le couvert végétal assez dense nous protège. Puis il disparaît au profit d'une garrigue à thym et romarin en pleine floraison. D'autres fleurs égayent les dalles de calcaire blanc. Il y a même quelques orchidées pourpres. les bosquets alternent avec les garrigues. La vue porte de l'ouest à l'est. Ste Victoire, Aurélien, Régagnas, la Loube... et en arrière plan les Alpes du sud. Quelques cumulus de beau temps empêchent de bien identifier les sommets. Nous passons par le travers de la crête du Luminaire, caractéristique avec ses strates étroites coupées en arc de cercle et présentant une pente vertigineuse. Au loin nous devinons la pyramide du Mourre, mais nous n'y sommes pas encore.
Un endroit particulièrement riche en thym et romarin nous incite à une pause cueillette.
Nous approchons d'une dépression que nous devons atteindre par un raide mais court sentier.
Nous décidons d'y faire la pause repas car Francis se traîne, victime d'un gros rhume. Il pourra faire une sieste réparatrice après le repas.
Et nous ouvrons les sacs de pique nique! Et devinez quoi? Mais quand on a faim...
C'est à ce moment là que nous pensons que ce séjour aurait pu être subventionné par Saupiquet! certains commencent à pousser des cocoricos, d'autres un peu fiévreux fabriquent du Pop Corn!
Après ces agapes, une partie reste sur place et les autres allégés des sacs se rendent au Mourre d'Agnis en 45 mn aller retour. Vent violent au pied de la Pyramide. Celle ci est construite en pierres et fait 4.30 m de haut. Elle est percée de part en part et permet de visualiser l'alignement Signes Mazaugues.
Retour à la salle à manger et début du retour par une trace dans le maquis que seul Philippe connaît! Elle nous mène sur le sentier de la ferme d'Agnis qui chemine sur le flanc de la vallée en perdant de l'altitude. Il débouche sur la ferme et nous passons devant. Elle est en rénovation. Plus loin nous rejoignons une grande piste qui parcours la plaine. Des clôtures électriques témoignent de son utilisation pour y faire paître des brebis et des chèvres.
Au bout de la plaine, le GR 99 que nous avons retrouvé s'élève vers la crête. Nous le négligeons pour aller rechercher le vallon du Tuya qui emprunte le lit d'un ancien ruisseau et débouche sur la piste de Caucadis. Celle ci nous ramène au sentier qui dévale sur Mazaugues.
Le seul bar du pays étant petit et occupé, nous prenons le chemin du retour via Saint Maximin, Rians, Saint Paul les Durance et l'autouroute.
 
Ce séjour a été apprécié par les participants. Certains y ont découvert l'aspect sportif des sentiers provençaux. Les itinéraires variés leur ont permis de voir différents aspect des paysages de la Provence verte. La présence de Philippe qui connaît le coin mieux que sa poche a permis de passer par des endroits qu'Alain L, qui a préparé les itinéraires, ne connaissait pas.  Hormis un problème dans une chambre, le lieu était  confortable et calme. L'accueil ne semble toutefois pas être la vertu première des Dominicains et l'imagination pour élaborer des pique niques est très limitée. Saupiquet doit leur faire des prix!

 
La montagne de Jouère par Vallavoire, dimanche 28 avril 2019
 Ce printemps fada ne se décidant pas à se stabiliser, la neige est encore présente pas très haut dans le Champsaur. Aussi sommes nous allés dans le 04. 1 h 30 de voiture mais d'autres paysages à voir. Les 7 randonneurs ont donc attaqué la montée par une route forestière au dessus du village. Pas très chaud mais le chemin est abrité par la forêt de pins et le vent n'y est pas très sensible. Puis soudain on débouche au bord de la ravine, coté nord et en plein vent. Belle vue mais ça caille et on continue la montée, espérant se réchauffer. Un peu plus haut, il faut enfiler les doudounes et autre coupe vent car même l'effort ne réchauffe pas assez. Une grosse formation rocheuse nous domine: c'est le "château de la Mole". Nous le contournons par la droite dans des éboulis de roches impressionnants. Encore un effort et nous prenons pied sur la crête de Jouère. Le vent y est plus modéré que pendant la montée. D'immenses étendues d'herbe rase et encore jaunie par l'hiver s'offrent à nos yeux, parsemées de crocus qui ont du mal à se remettre des la dernière chute de neige. Brigitte ayant entendu dire que la neige était encore présente là haut, elle nous avait conseillé d'emmener les crampons! Eh bien, pour les utiliser, il faudra peut être attendre l'hiver prochain! Il y a bien quelques plaques de neige, mais il faut en faire exprès pour y marcher dessus!
Cette affaire de crampons nous a bien fait rire tout au long de la journée!
Nous suivons la crête vers le sud jusqu'au calvaire sommital. Il s'agit maintenant de trouver un abri pour le pique nique, et vu les étendues d'herbe et de cailloux, il est difficile d'en trouver un. Nous optons pour le pied d'une pente qui est moins exposée mais il n'y fait pas bien chaud non plus.
Durant le repas, nous essayons d'identifier les sommets visibles, et dieu sait s'il y en a depuis ce belvédère d'où la vue porte jusqu'au Ventoux, aux Ecrins, aux montagnes du Seynois...
Puis demi tour pour revenir par le même itinéraire. Maintenant, le vent souffle fort sur la crête et est glacial. Même les gants s'avèrent inefficaces. Il n'y a pas vraiment de coin abrité. Une plaque de neige nous donne envie de faire une photo crampons aux pieds, mais les doigts gelés nous en dissuadent.
Nous rebasculons sur le Château et c'est à l'abri derrière cette imposante tour que nous faisons une pause. La suite de la descente s'effectue dans le vent jusqu'à atteindre les bois. Là nous pouvons enfin quitter quelques épaisseurs. La piste est dévalée jusqu'au village où nous apprenons que 18 personnes vivent à l'année (à pas loin d'une heure de Sisteron!).
Nous quittons les sacs et allons au point de vue au dessus du village où se trouve une table d'orientation.
Au retour, les crampons tout souriant et bien reposés nous remercient pour cette belle balade!
Puis départ pour Tallard pour le pot de retour au picolodrome.
Magnifique balade hivernale à souhait quoique la végétation verdisse sur les flancs de la montagne! Mais le froid est déjà oublié et nous garderons le souvenir des panoramas que l'on découvre de là haut.