LES RANDONNEURS du CHAMPSAURVALGAUDEMAR
                                                                                                      
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Circuit de Serre Ponçon par les Curates
 
Afin de ménager les randonneurs qui revenaient à peine de 4 jours en raquettes en Piémont italien et le président qui refaisait surface après une grippe carabinée, Yves nous avait concocté un circuit aux petits oignons.
10 randonneurs se sont retrouvés à la gare de Chorges pour ensuite rejoindre la baie de Chanteloube.
Le circuit commence par une montée de 150 m pratiquement plein nord en traversant le hameau de Chanteloube et sa chapelle puis débouche sur de grands prés avec vue sur les hameaux au dessus de Chorges. Puis direction les Curates et le lac en traversant un bois de pins sylvestres. Le sentier assez gras monte et descend au rythme des traversées de ravines.
Un passage s'est avéré particulièrement gras et englacé et Alain est allé tremper ses mains dans la gadoue. Encore quelques montagnes russes et nous rejoignons le bord du lac au lieu dit Rougon. Celui ci est assez bas et ménage de jolis reliefs de vase en gradins. Nous poursuivons jusqu'en face de la chapelle St Michel qui est à 200 m de nous de l'autre coté de l'eau. La trace sur le GPS indique que nous sommes dans l'eau! Demi tour et pique nique sur la berge gazonnée.
Gâteau marbré offert par Patrice et goutte d'alcool de coing offerte par Alain clôturent le repas.
Nous reprenons l'itinéraire de l'aller, repataugeons dans la gadoue et atteignons le croisement du chemin de retour par le littoral. Celui ci n'a de littoral que le nom! Il monte et descend dans le bois, ménageant de belles vues sur le lac, le Morgon, les aiguilles de Chabrière...L'eau est 20 m en dessous. Pour ce qui est de gadouiller, c'est pas mal non plus! Nos chaussures prennent toutes la même couleur beige. Puis nous atteignons la pointe et apercevons de nouveau le viaduc de Chanteloube semi exondé. Nous faisons un détour pour nous y rendre et profiter des perspectives qu'il offre. Nous rejoignons la route et les voitures. Le temps est couvert mais sec.
Un arrêt à Chorges pour le pot de fin de randonnée s'impose.
Belle rando pas si plate que ça puisque 380 m de dénivelée cumulée ont été effectués, pour presque 12 km.

 
 
4 jours dans le Piémont italien du 4 au 7 mars 2019
 
Premier jour: col de la Trancoulette (2293 m)
 
Trois participants ont déclaré forfait, 2 pour cause de grippe (cadeau de leur petit fils) et 1 pour problème de genoux.
Le rassemblement des rescapés (12) se fait à la gare de l'Argentière. Nous y retrouvons le fils de Marc (la Vie Sauvage) et Laurent notre accompagnateur pour ces 4 jours.
Le ravitaillement commun, les raquettes, pelles, sondes, DVA sont transférés dans la voiture de Laurent et nous reprenons la route pour Puy Chalvin.
C'est là, lors de la distribution des raquettes et du matériel de sécurité, que nous constatons l'absence des bâtons! Laurent doit redescendre à Briançon en louer.
Après ce départ différé, chacun reçoit une pelle, une sonde et un DVA puis un élément du casse croûte. S'ensuit une formation au DVA.
C'est finalement vers 10 h que nous commençons la montée, raquettes sur le sac car il n'y a pratiquement pas de neige. Le ciel est très chargé mais sec pour l'instant.
Nous traversons le hameau, suivons un sentier puis retrouvons la route forestière  qui monte au hameau des Combes. La neige est présente en pointillés sur la piste mais Laurent nous fait mettre les raquettes car elle est molle et parfois verglacée. Le hameau passé, nous atteignons le départ du sentier du col. Il y a là pas mal de neige. C'est une belle montée dans les mélèzes dans le vallon suspendu de la réserve naturelle des Partias.
Le sentier monte par paliers, alternant faux plats et montées plus raides. C'est gris et sans relief. Dommage car le paysage est somptueux. Danielle fatigue: venant du niveau de la mer, elle n'est pas acclimatée à l'altitude. Le col est encore à une demi heure de montée assez raide. Quelques grains de grésil tombent.
Nous laissons Danielle et Richard nous attendre le temps d'un aller retour au col. La neige commence de tomber. Parvenus aux col, la visibilité est réduite mais on aperçoit quand même la vallée de la Durance en contre bas. La neige tombe dru maintenant et nous redescendons en trace directe, ponctuée de quelques chutes!
Nous retrouvons les deux autres et sortons le pique nique. Salade, terrine, fromage, dessert sont les bienvenus. Mais la neige qui tombe dru et recouvre la bouffe nous oblige à nous presser.
La descente s'effectue sous la neige jusqu'au hameau des Combes. Puis c'est fini, le ciel s'éclairci. Nous quittons une partie de l'équipement, profitons pour boire thé et café trimbalés depuis le matin.
Nous rejoignons les voitures et en route pour Thures, via Briançon et le col de Montgenèvre.
Nous arrivons au hameau, perdu en montagne sur le flanc d'une vallée. Le gîte est dans une ancienne maison typique de ces lieux. C'est à la fois rustique (pierre et bois, objets anciens...) et moderne (cuisine en inox, sanitaires impeccables).
L'accueil y est chaleureux. Nous prenons possession des chambres (une de 8, une de 4) puis c'est douche, mousse et repas copieux et varié (3 antipasti, lasagnes aux herbes, sauté de veau, dessert).
Un autre groupe accompagné par la Vie sauvage est aussi présent. Ils font le même parcours avec un jour d'avance.
 
Deuxième jour: col Chalvet, Cima del Bosco (2373 m)
 
Le ciel est clair, il a gelé à glace.
Petit déjeuner pris, nous nous préparons pour le départ. Cérémonie des DVA où après avoir vérifié le fonctionnement, nous passons un par un devant Laurent pour nous faire reconnaître,tout ça ponctué de bips.
Pas besoin de raquettes vu qu'il n'y a pas de neige. Par contre il y a de la glace. L'herbe est saupoudrée des quelques flocons tombés la veille. Nous traversons le vieux hameau avec ses maisons en ruine et d'autres retapées. Le paysage est agréable. Le mont Chaberton* nous surveille. On devine les tourelles à son sommet.
Nous traversons un hameau où des chevaux sont dans les prés puis obliquons à travers champs vers le col. Il commence à y avoir de la neige et les raquettes sont utiles par moment. Nous zigzagons entre les mélèzes puis quittons la zone des arbres pour une sévère montée enneigée qui permet d'atteindre le col Chalvet. S' il faisait bon pendant la montée, là haut c'est une autre histoire et doudounes, coupes vent et gros gants sortent des sacs. Pas de neige sur la crête que nous parcourrons pour atteindre la chapelle, point haut de la randonnée. Elle sert aussi d'abri et c'est à l'intérieur de celle ci que nous mangerons.
La vue est splendide: Sestrière à nos pieds, vue sur les Ecrins, sur les monts où nous irons demain, sur les monts de la Lune...Laurent nous énumère les sommets identifiables comme la Meije, la barre des Ecrins, le roc del Boucher... et aussi la vallée de l'Argentera.
Une famille d'italiens partage les lieux avec nous pendant le repas.
Celui ci est pris au sec et à l'abri du vent contrairement à hier: salade, saucisson, fromage, gâteaux, oranges (et pas de cristaux de neige dans l'assiette!).
Puis c'est la descente. Les raquettes deviennent vite utiles et Alain qui ne les a pas mises s'enfonce parfois jusqu'en haut des cuisses! La température augmente et il faut bientôt se dévêtir. Plus bas, Laurent propose une pause en plein soleil sur une pente déneigée. Nous bullons 20 mn, entre sieste et discussions.
Nous repartons à travers la forêt. En traversant une combe, Richard s'enfonce dans un trou d'où il a eu du mal à sortir!
La descente se termine sans les raquettes dans une gadoue semi liquide jusqu'au gîte.
Rituel habituel du soir et préparation des sacs pour une nuit dans un refuge de montagne le lendemain.
 
Troisième jour: refuge Mautino, crête frontalière (2300 m)
 
Le ciel est moins bleu mais il fait plutôt doux le matin au départ. Cérémonie des DVA terminée, nous partons rejoindre une piste. Ces fainéantes de raquettes se font encore trimbaler! La piste traverse le  hameau de Rhuiles puis nous atteignons le fond de la vallée où un pont permet de franchir le torrent. Nous voyons au dessus de nous la crête d'hier et le toit de la chapelle. Richard fait un dérapage non contrôlé sur la glace et tombe. Pas de bobo. La piste remonte. Elle est enneigée mais les raquettes sont superflues. Il faut juste faire attention à la glace. Nous progressons dans une forêt de mélèzes, traversons les ruines de Chabaud, au pied du mont Corbioun, dont nous allons faire le tour pour atteindre la vallée où se tient le refuge Mautino. Il y a de belle ouvertures sur la vallée. Le temps se maintient. Nous faisons une pause au point culminant de la piste Puis descendons pour rejoindre l'itinéraire d'accès au refuge. Un raccourci par la forêt devient une galère pour ceux qui tombent dans les trous de neige poudreuse. Certains chaussent les raquettes. Mais la piste est de nouveau atteinte. Elle est damée par le passage de chenillettes militaires.
Nous la suivons jusqu'au pied du plateau où est construit le gîte.
C'est à l'abri d'une chapelle que nous pique niquons, profitant des éclaircies de moins en moins nombreuses de ce début d'après midi. Le vent se lève, le ciel se couvre quand nous reprenons la marche pour le dernier quart d'heure qui nous sépare du refuge. Des chenillettes militaires montent et descendent.
Au gîte, nous déposons les affaires de nuit et certains d'entre nous repartent pour la crête frontalière, dans une neige un peu plus présente. Nous parcourons de grandes croupes de neige croûtée, contournons de petits lacs dissimulés sous la neige et atteignons la crête. Nous dominons la vallée des Fonts de Cervière. En face se détache difficilement du ciel noir la pyramide du pic de Rochebrune et quelques sommets du Queyras. Derrière nous, c'est bouché. On ne fait que deviner les sommets plus au nord. Nous repartons par un autre chemin quand soudain Lili ne trouve plus son appareil photo. Après avoir fouillé sac et poches, il faut se rendre à l'évidence. Elle a du le poser quand on s'est rhabillé et l'a oublié là bas. Marie Blanche et Lili rebroussent chemin et le retrouve sans problème. Le ciel s'est encore chargé quand nous arrivons au refuge Mautino, quittons raquettes et bâtons. Nous montons aux chambres (de 4) quitter nos affaires et rejoignons les autres dans la salle pour siffler une boisson. Il est encore tôt mais comme il commence de neiger, il n'y a plus grand chose à faire dehors. 2 poêles à granulés ronflent entretenant une douce chaleur.
Le refuge est une ancienne maison restaurée. Malgré sa rusticité (on voit à travers les lattes du plancher et les cloisons sont en frisette), elle est confortable et bien équipée en sanitaires (à condition de lire la notice des douches, pas vrai Christine?).
Le brouillard s'est levé et on ne voit plus rien dehors. Il neige doucement.
Puis c'est l'heure du repas (19 h), bon et copieux comme toujours en Italie. Enfin une polenta!
La météo donne de la neige pour la nuit et jusqu'en fin de matinée. On verra bien. Coucher et extinction des feux vers 21 h 30.
 
Quatrième et dernier jour: Col Begino (2301 m).
 
Petit déjeuner à  8 h. Brouillard et neige drue. Il a du en tomber 10 à 15 cm dans la nuit. Une chenillette arrive. Des militaires viennent boire un café et on apprend qu'on est en pleines manoeuvres franco-italiennes!
Nous envisageons les possibilités pour le reste de la journée compte tenu de la météo. Et puis, soudainement le ciel se dégage, la neige cesse et du bleu apparaît.
Laurent propose d'aller au col Begino pour profiter de la poudreuse avant de regagner le fond de la vallée pour le retour. Trois préfèrent rester au chaud. Les autres s'équipent chaudement. Les sacs sont pleins car on ne repassera pas au refuge.
Cérémonie désormais familière des DVA accompagnée des bips et nous dévalons la pente. A peine parcouru 200 m qu'il faut se découvrir car le soleil chauffe. La neige se transforme déjà. Nous atteignons la chapelle d'hier puis commençons de serpenter dans la poudreuse vers le col Begino, 300 m plus haut. Les raquettes montrent alors toute leur utilité car on s'enfonce quand même de 20 bons cm. Quelques pauses pour souffler. Un peu de vent souffle, quelques nuages passent mais c'est plutôt le beau temps.
Soudain, Laurent repère une grande harde de chamois sur le flanc du mont Corbioun. Ils sont assez près pour qu'on les voit à l'oeil nu. Nous les observons et photographions avant de reprendre l'ascension. Le col est atteint. Superbe vue sur les sommets, les vallées. Tout est de nouveau blanc et sans traces, exceptées les notre.
Quelques carrés de chocolat plus tard, il faut faire demi tour. Laurent laisse à chacun la liberté de sa trace et nous nous éclatons (au propre comme au figuré!) dans la poudreuse, avec chutes, glissades et rigolades. Philippe qui n'avait pas pratiqué la raquette bien souvent s'éclate encore plus. Fabienne pique une tête, Alain s'enlise jusqu'à la taille...
Puis nous appelons les copains pour un rendez vous repas à la chapelle et nous nous y retrouvons. Les chenillettes font des aller retour. Puis un peloton de militaires en ski apparaît, suivi d'autre en raquettes.
Nous commençons la longue descente jusqu'à Bousson tout en croisant des dizaines de militaires, tantôt français, tantôt italiens en raquettes ou ski, Famas à la main. Ils se dirigent tous vers le refuge et les crêtes frontalières.
Puis nous quittons la piste un peu fastidieuse pour un chemin direct rendu praticable par la chute de neige de la nuit. Il évite la piste toujours parcourue par des chenillettes et passe en forêt, longeant le flanc du vallon. Il faut enfin déchausser et patauger dans la gadoue avant de rejoindre la piste à 500 m de Bousson (encore une chenillette!)
Laurent y avait déposé sa voiture et il remonte à Thures avec les conducteurs des autres voitures.
La caravane nous rejoint et nous chargeons les véhicules, puis direction Cesana pour le pot de fin de séjour. Une enveloppe est remise à notre accompagnateur pour le remercier de sa bonne humeur et de sa compétence durant ces 4 jours.
Nous reprenons la route avec pour certains une halte à la fromagerie de Montbardon, difficile à trouver depuis qu'elle n'est plus au village éponyme.
Elle se situe en fait à Eglyers gare, sur la route de Réotier. Le plein fait (bleu du Queyras découvert à la Blanche), chacun repart vers son domicile.
 
Conclusion
 
Dommage pour les trois qui n'ont pas pu participer à ce séjour. Placé sous le signe du temps de chien d'après la météo, celle ci a évolué vers un temps correct.
2 heures de neige le lundi et une nuit le jeudi, rien à dire: nous étions en sortie hivernale. Pour le reste, la poudreuse tombée a été une providence.
Bravo à la Vie sauvage pour son talent d'organisation: super pique niques, hébergements sympas et bonne nourriture, accompagnateur compétent, cultivé,  sympathique et toujours de bonne humeur.
Bravo au petit groupe qui a profité de ce séjour dans la bonne humeur et la camaraderie, partageant les rigolades et les coups de main. Certains étaient de vieux habitués mais les plus récents se sont tout à fait intégrés.
A renouveler tant qu'on le pourr