LES RANDONNEURS du CHAMPSAURVALGAUDEMAR
                                                                                                      
         Voir notre page Facebook                                                          Météo Saint-Bonnet
Chronique des 6 jours en Provence du 20 au 25 septembre 2021
 Ce séjour prévu au printemps 2020 a été reporté pour cause de crise sanitaire. Il a été organisé par Philippe, grand connaisseur des massifs provençaux. Qu'il en soit grandement remercié. L'hébergement et la restauration  se passaient au camping du domaine de la Sainte Baume.
Nous partagions 3 mobil- home et utilisions 3 véhicules pour nous déplacer.

Premier jour: autour de Nans
 Après un trajet sans histoire, nous nous retrouvons sur le parking du super marché de Nans les Pins d'où nous partons pour la première randonnée.
Quelques centaines de mètres sur la route nous amènent à un chemin qui s'enfonce plein sud dans la forêt de l'ubac de la Ste Baume. Il y a une histoire de gland qui traîne dans l'air! Mais s'agit il de membres du RCV  ou de ceux que l'on voit sur les arbres? La question reste entière! Pour les arbres, nous vérifierons lors des prochains jours.
Le couvert végétal est impressionnant pour être dans le midi et si près de la mer, mais nous sommes dans l'ubac de la chaîne de la Ste Baume qui retient les nuages et l'humidité y est plus forte. La montée est soutenue sur le sentier, puis nous débouchons sur une piste qui mène au château d'eau. De nouveau le sentier grimpe pour rejoindre le flanc du ravin de la Colombière. La végétation est surtout constitués de chênes verts (bien pourvus en glands!). Plus haut une traversée en limite du plateau nous permet de prendre pied sur celui ci. Le décors change: les chênes verts sont remplacés par les chênes pédonculés (qui eux aussi possèdent des glands!), le pèbre d'aï (sarriette) s'y sent à l'aise ainsi que la farigoule (thym).
Nous sommes sur du lappiaz, roche calcaire très fissurée et sculptée par l'eau. La majestueuse chaîne de la Ste Baume nous surplombe de ses 1148 m à la croix des Béguines. Nous apercevons la grotte de Ste Marie Madeleine, la chapelle du St Pilon et les antennes de Bertagne. Nous traversons le haut du vallon du Pommier, rejoignons le Chemin des Rois (empruntés par ceux ci en pèlerinage vers la grotte de la Ste Baume), passons devant l'oratoire de Miette puis cheminons jusqu'à la route qui relie Nans au plateau du Plan D'Aups. Celle ci traversée, nous rejoignons les falaises qui dominent le vallon de Castellette où se situent les sources de l'Huveaune. Et c'est la pause déjeuner sur des dalles calcaires.
Nous descendons maintenant vers le ravin par un sentier pentu et très caillouteux dans une végétation de nouveau dense jusqu'à atteindre la grotte des Moulins, une des sources de l'Huveaune. Pas une goutte d'eau n'en sort. Nous cheminons ensuite en longeant l'Huveaune dont les gours si beaux en pleines eaux ont triste mine complètement vides!
Nous débouchons sur une piste que suit le GR9, la remontons pour bientôt la quitter pour un sentier ascendant surplombant la vallée de l'Huveaune et qui mène vers un collet. De là, un très raide sentier permet d'atteindre la Ste Croix et les ruines du Vieux Nans où subsistent les vestiges du château, de l'église et des maisons de la bourgade. Nous dévalons alors vers Nans en passant près d'une chapelle et rejoignons le parking.
Direction le camping où les formalités d'entrée sont assez longues. Enfin nous prenons possession de nos logements et nous nous y installons. Le repas est pris au restaurant du camping, près des piscines.

Deuxième jour: pic de Bertagne au départ du parc de St Pons
Lever 6 h 30 pour un départ à 8 h (rythme qui se répètera tous les jours).
Nous rejoignons en voiture le plateau du plan d'Aups par la sinueuse route qui longe le ravin de Castellette, passons devant  l'Hostellerie (des souvenirs pour certains!), au plan d'Aups, à la Coutronne d'où nous grimpons au col de l'Espigoulier, avant de négocier les nombreux lacets pour atteindre le bas du col au parc de St Pons et de s'y garer. Les estomacs fragiles sont sollicités!
Nous commençons par traverser le parc par un large sentier sous d'immenses arbres (platanes, chênes, ifs...). Les vestiges d'un moulin, d'une abbaye, de maisons  bordent l'itinéraire.
Puis commence le sentier qui monte graduellement sur le flanc du ravin. La végétation change: le chêne kermès apparaît (qui possède lui aussi de splendides glands!), ainsi que le romarin, l'argelas (ajonc de Provence, très épineux et qui fleurit en hiver vers Février), les pins d'Alep...
Nous atteignons un collet d'où la vue porte jusqu'à Marseille. Le pic de Bertagne et son radôme nous dominent. La progression continue sur des sentiers étroits par le vallon de Cabrette, dans une végétation dense et piquante et sous le couvert des chênes verts. Nous rejoignons le GR 98 puis le quittons peu après pour nous diriger vers les falaises de Cugens qui dominent le vallon des Crides. Nous sommes dans un vaste lappiaz de calcaire blanc. La vue porte jusqu'à Marseille, le Garlaban, l'Etoile... Un trou (le trou du vent) traverse de part en part la falaise. Nous rejoignons le pas de Cugens où se fait la pause pique-nique. Nous découvrons ce que le restaurant nous a concocté: des petits amuse gueule fourrés, un énorme taboulé, une gigantesque part de gâteau! Marie Blanche avait peur que l'on meure de faim et a dû terroriser le cuisinier! Nous n'avons pas réussi à tout manger!
Puis reprise de la progression vers Bertagne par des vallons, des pentes caillouteuses, des zones vertes pour finir sur la route stratégique qui dessert les antennes. Celle ci est bordée de "coussins de belle mère" (genêt de Lobel) épineux en forme de demi sphère qui se couvre de fleurs jaunes au printemps. Il ne reste plus qu'à franchir le bord du plateau pour ensuite dévaler vers le col de Bertagne. Mais avant de descendre, une pause permet de découvrir tout le nord du pays, jusqu'au Ventoux et aux montagnes des Alpes de Hautes Provence (Mourre de Chanier, Chiran Serre de Montdenier...).
Le col atteint et vu l'heure, Philippe décide de descendre au plus court par le vallon qui passe à la grande Baume. Nous traversons celle ci, grande salle en forme de dôme. Puis nous surplombons le vallon du chemin de fer où des rails furent posés pour acheminer vers la vallée du minerai extrait sur les hauteurs de la Ste Baume.
Le descente continue, alternant passages dans la végétation et passages pentus sur de grandes dalles de calcaire rugueux et très fissuré. Nous remontons sur la route pour descendre quelques dizaines de mètres et reprenons un sentier qui débouche sur une piste qui suit le vallon du Fauge. Nous la quittons pour suivre celui ci dans une forêt d'arbres remarquables qui débouche à la Foux de Nans (exsurgence pérenne qui aliment le ruisseau du Fauge), puis nous regagnons l'ancienne abbaye en suivant le fil de l'eau. Il n'y a plus qu'à rejoindre le parking.

Troisième jour : Visite de Toulon
 Après un bon petit déjeuner nous partons en direction de Toulon pour une randonnée urbaine. Philippe, enfant du Mourillon, nous dirige rapidement au plus près du Port de Toulon. Le soleil et le ciel bleu nous accompagnent. Nous longeons les grilles du port militaire, passons devant le réputé stade Mayol siège du RCT, le port de plaisance avec ses voiliers et les navettes reliant certains points de la rade et arrivons au début du cœur de la vieille ville. Les façades des bâtiments côté mer sont totalement différentes de celles côté rue. Nous traversons l’avenue de la République et nous engageons dans la zone piétonne, joliment pavée où le marché a lieu tous les jours. C’est très animé. A la porte d’Italie Philippe nous présente à l’aide d’un dossier remis à chacun les évolutions de la ville depuis l’époque médiévale, puis les fortifications construites par Vauban en 1589 et les différents agrandissements successifs.
Nous continuons notre visite à travers les rues anciennes, étroites, débouchant toujours sur des jolies places où les terrasses de café ou restaurant animent le quotidien. De très beaux bâtiments montrent qu’une vie commerciale prospère s’est développée grâce au port. Nous remontons jusqu’à la gare puis revenons par l’ouest vers l’arsenal et la corderie (bâtiment de 400m). Un passage dans le mythique quartier de « Chicago » dont il ne reste plus que la légende… Nous reprenons nos véhicules pour aller à la Tour Royale d’où nous pouvons voir les bateaux militaires, dont le Charles de Gaulle. La vue sur la rade d’un côté et le large de l’autre nous donnent la dimension de ce refuge pour les marins. Dans la colline de belles villas attestent de la réussite de certains. Le déjeuner est pris à l’ombre sur les plages du Mourillon. Les prévoyants ont emporté leur maillot de bain et ne se privent pas d’un rafraîchissement. La visite continue sur les hauteurs  du Cap Brun et sa vue dégagée sur l’horizon. Une petite randonnée nous emmène surplomber des criques de toute beauté. Des jeunes plongent d’assez haut dans l’eau turquoise. Il fait chaud !
Nous reprenons la route vers Nans les Pins après une journée très instructive sur la ville de Toulon. Cette ville a été rénovée d’une belle manière et propose un cadre de vie très agréable où la voiture n’est plus au centre des déplacements.

Quatrième jour, les calanques à partir du col de la Gineste:
 Nous sommes maintenant rodés et la préparation de la journée est devenue un automatisme: lever, déjeuner, prépa des sacs, voiture...
Nous voici donc au col de la Gineste où Danièle nous rejoint pour la journée. Le vent d'est est sensible ce matin. Nous avons vue sur une partie de Marseille et juste en dessous le campus universitaire de Lumigny.
Cap plein sud en direction du col Ricard. Nous commençons par traverser une zone sensiblement plate et désertique où prolifèrent les chênes kermès (et leurs glands!), puis nous nous élevons (vue sur le massif de Carpiagne et son camp militaire dédié aux blindés) jusqu'au col Ricard (un petit bois de pins). Descente vers le vallon Mestralet que nous traversons et remontée vers les crêtes de l'Estret par le vallon de l'Herbe (assez vert). La crête atteinte, nous rejoignons une piste que nous empruntons vers l'est. Nous la quittons pour descendre sur le flanc gauche du cirque des Pételins, assez sauvage. Le chemin est typique des lieux, très caillouteux. Nous suivons au fond du cirque un vallon, rejoignons le vallon de la Fenêtre, grimpons au col de la Fenêtre, traversons le vallon de l'Oule et atteignons les GR 51et 98 ici confondus. Les falaises du Devenson sont visibles mais pas encore atteintes! Encore quelques efforts et nous voici au col du Devenson. Peu d'ombre en ces lieux mais une vue magnifique sur les falaises du Devenson, le plateau de Castel Viel, les falaises de Cassis, le torpilleur de la calanque de Sugitton, le cap Morgiou, l'ïle de Riou.... peut être le plus beau point de vue des calanques. Le repas est pris face à la mer et curieusement, pas un goéland ne croise dans las parages d'habitude très animés par leurs vols et leurs cris.
C'est ensuite la descente vers le col des Charbonniers, face à la grande Candelle. On domine le ravin qui mène à la calanque de l'Oeil de Verre par la cheminée du Diable (souvenirs pour certains!). La remontée se fait à flanc de colline dans la caillasse parsemée de romarins, chênes kermès... puis c'est le raide itinéraire escarpé qui conduit à Cap Gros qui culmine à 509 m et donne un bon aperçu de l'étendue du massif de Marseilleveyre et des Calanques. Philippe nous montre un bosquet de chênes verts aménagé en bivouac où il passe parfois la nuit en compagnie de copains. Nous suivons ensuite une piste que nous quittons par une grande traversée caillouteuse pour aller rejoindre l'itinéraire de montée. Nous avons eu chaud aujourd'hui car l'ombre est très rare dans les Calanques.
 
Cinquième jour, le Garlaban à partir du Puits de Raimu:
 Ce coup ci, c'est dans des paysages dont tout le monde a entendu parler, que tout le monde a entrevu dans des films que nous allons évoluer. Ce sont ceux des romans et des films de Marcel Pagnol.
Anne Marie nous a rejoint pour la journée.
Nous commençons notre parcours au puits de Raimu, continuons de suivre le vallon boisé et frôlons le mas de Massacan. Plus loin, nous laissons la ferme d'Angèle à droite, apercevons l'arche, vestige des décors dans lesquels Regain a été tournés et atteignons le col d'Aubignane.
Un parcours de transition nous amène dans le vallon de Passe Temps parcouru jadis par le jeune Marcel et son compère. En face le pic du Taoumé et le grotte du Gros Hibou nous observent. Le sentier est taillé dans une dense végétation de romarins et de chênes kermès. La montée se fait à l'ombre des reliefs qui surplombent le vallon. Les dalles de roches des strates inclinées de celui ci font penser à un pavage de voie romaine.
Nous quittons ce vallon pour suivre celui de Précatori qui mène à Baume Sourne que nous avons d'ailleurs visité. L'entrée est étroite mais le volume de la grotte non négligeable. Il n'y a pas d'eau au fond après l'été très sec qu'a vécu la région.
Nous reprenons le sentier qui passe au puits du Mûrier, et finit au Col du Tubé où des cèdres du Liban ont été plantés et se sont adapté.
S'en suit une vaste piste montante qui ouvre sur un large panorama. Des constructions affublées d'antennes sont visibles sur toutes les éminences: ce sont des stations radio qui sont peut être devenues obsolètes. Par le passé, on entendait tourner les groupes électrogènes qui les alimentaient.
La piste, partiellement bordée de cyprès, passe un point haut d'où se découvre le Garlaban. Il faut redescendre jusqu'à une pinède qui s'étend à son pied avant d'en gravir la flanc par un raide sentier caillouteux.
De là haut, on découvre toute la région à 360°.
C'est là que nous faisons la pause déjeuner. Une petite brise rafraîchit l'atmosphère, ce qui est appréciable car il n'y a pas d'ombre.
Le retour s'effectue par le vallon des Piches. Nous faisons un détour par la Baume du Plantier (où Ugolin situe la grotte de Manon dans Manon des Sources. En fait la grotte visible dans le film est la grotte du vieux Mounoï, près de Signes), bel abri sous roche. Nous surplombons le vallon de Passe Temps et finissons par retrouver le col d'Aubignane . Il n'y a plus qu'a suivre la piste jusqu'au parking tout en évoquant des répliques des films de Pagnol.
 
Sixième et dernier jour : Visite du domaine de Château La Coste
 Ce matin c’est le dernier jour et nous devons vider les bungalows. Le contrôle est rapidement effectué et nous pouvons aller boire un café au centre de Nans les Pins. Nous prenons ensuite la direction du Puy Sainte Réparade où la visite du domaine et de ses œuvres d’art contemporain débute à 10h. Philippe explique les souhaits des nouveaux propriétaires d’allier les vignes, l’art et l’architecture. Chaque artiste après avoir visité le lieu et constaté la beauté des paysages peut choisir un emplacement et créer une œuvre. De grands artistes reconnus mondialement ont ainsi travaillé et posé des œuvres monumentales ou plus discrètes au milieu des vignes. Pour exemple, l’araignée de Louise Bourgeois qui nous accueille, les boîtes pleines d’air ou le mur de cubes de Sean Scully, le nid d’Andy Goldssworthy ou les aimants de Tunga ne laissent pas indifférent… il y en a tant que chacun peut y éprouver des émotions. Tous les matériaux sont utilisés, les équilibres impossibles réalisés, les sons magnifiés, … Un endroit à visiter sans faute !
Nous déjeunons assez tardivement au pied de la Quille sur la colline dominant le Puy Sainte Réparade et le Domaine La Coste. Il est l’heure de se séparer après une belle semaine d’efforts et de rires partagés. Finalement, les participants à ce séjour n'étaient pas si gland que ça!