LES RANDONNEURS du CHAMPSAURVALGAUDEMAR
                                                                                                      
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Troisième jour: De Pian del Re au refuge de Bagnour par le col du Viso et le col Gallarino.
 Nous nous préparons pour affronter une longue journée qui nous amènera à passer deux cols, à longer de nombreux lacs au pied de la face est du mont Viso.
Certains changent d'accompagnateurs et nous commençons par une montée vers le lago Fiorenza, beau lac enchâssé dans un écrin de verdure et de fleurs. Le Viso est juste au dessus, 1800 m plus haut. Le chemin continue en s'élevant progressivement puis contourne le lago Charietto paré de somptueuses couleurs. Le terrain devient plus minéral et nous sommes écrasés par la masse du Viso dont l'énorme face est très proche de nous. Une gigantesque moraine doit être franchie avant de prendre pied sur le soubassement du mont lui même.
Le sentier la coupe en diagonale. Belle vue sur la vallée en contre bas et le lac Chiaretto que l'on contourne. Avant de déboucher sur le replat, nous franchissons un névé sous la surveillance de Jérémy. Puis nous slalomons entre les blocs de rochers et soudain entendons un craquement. Des blocs ont du se décrocher de la parois et finissent sur un cône d'éboulis.
Le col du Viso (2650 m) est en vue. Encore deux névés et nous y voici. Le Viso n'est plus visible, la nebbia est revenue!
Du col, vue sur le lago Grande di Viso et le refuge Quinto Sella. Celui ci est typique des refuges de cette partie du massif: tout en pierres sombres avec des fenêtres peintes en rouge.
Sur le parvis sont exposé un moyeux d'hélice et une jambe de train d'un avion qui s'est écrasé par là.
Commence une traversée en longeant le lac dans son écrins de roches et de fleurs: tout simplement magnifique. Nous côtoyons une série de lacs, apercevons la plaine du Pô entre deux passages de nebbia, entamons une montée vers le col Gallarino (2727 m) où Jérémy nous promet la pause déjeuner. Un dernier effort et nous y voici, accueilli par un bouquetin qu'Eric réussit à faire fuir en en trop s'approchant.
Nous nous installons dans l'herbe et voyons arriver l'autre équipe. Nous prenons le pique-nique ensemble.
Pause courte car il reste un bon bout de chemin! Une petite remontée, une traversée et de nouveau un col (passo di S. Chiaffredo, 2764 m). Descente dans la caillasse, puis traversée d'une zone bordant un des nombreux lacs ( Lungo, Bertin del Prete...) et où des pierres plates ont été disposées pour former des structures de toutes formes. Puis nous entamons la descente vers les premiers arbres: des pins cembro. S'en suit une traversée de la forêt de pins où nous rencontrons de nombreuses vaches. Un peu de hors piste nous permet de couper une partie de la montée finale vers le refuge de Bagnour. Merci Jérémy.
Nous retrouvons le sentier qui monte raide et soudain, dans une clairière sur un replat, apparaît le refuge de Bagnour. Ouf, c'était long!
Il fait chaud et soif et nous quittons les godasse avant de savourer la mousse bien fraîche!
Une seule douche pour tous, l'attente va être longue. Certains préfèrent le ruisseau.
Surprise, pas de pollenta ce soir! Pasta! plus saucisses et petits pois.
Coucher aux heures habituelles pour un lever  à 7 h et départ  8 h. Encore une longue marche en vue.
 
 
Quatrième jour: Du refuge de Bagnour au gîte de Brigitte à Chianale par le vallon Vallenta et le col de la Losette (2872 m).
 
Départ en descente à travers la forêt, puis traversée sensiblement horizontale afin de rejoindre le vallon Vallenta. Vue sur le lago di Castello, grand lac artificiel. Une heure suffit à rejoindre le vallon. Là commence la remontée vers le col de la Losette situé à gauche du col Valente.
Au début, nous suivons une piste qui alimente quelques fermes d'alpage occupées par des bergers et des vaches, puis la piste de réduit, la pente augmente. Nous sommes à l'ouest du Viso mais trop bas pour en voir le sommet. Des replats succèdent aux montées et puis les replats disparaissent et le sentier devient un vrai sentier de montagne. C'est vert et très fleuri, comme partout d'ailleurs. Le vallon est rectiligne et nous apercevons nos collègues un peu plus bas. Les épingles se succèdent. Nous avons la vue sur tout le vallon, et au dessus, en haut d'une gigantesque paroi, le sommet du Viso se laisse admirer. Enfin un petit replat qui nous offre une bonne place pour une pause. Deux personnes montent rapidement derrière nous. Ce sont Christian et Philippe que Simon a lâchés pour qu'ils se dégourdissent les jambes. La fatigue commence à se faire sentir et certains membres de leur équipe ont ralenti.
Nous reprenons avec en vue des abris construits pendant la dernière guerre pour surveiller le col proche. Encore un effort et nous y voici.
Nous nous installons dans une petite dépression. La deuxième équipe nous rejoint et nous profitons du pique-nique. Celui ci est écourté par le mauvais temps qui arrive rapidement. Plus de Viso ni autre sommet! Le début de la descente est un pierrier instable où il faut faire attention. Puis progressivement, nous rejoignons les pentes herbues parsemées de roches et de fleurs. Les premières gouttes arrivent en même temps que les grondements du tonnerre.
Les ponchos sortent du sac, mais pas pour longtemps! Nous atteignons enfin le vallone di Soustra. Les flancs de celui ci sont dépourvus des habituels éboulis de pente et des rochers égarés dans l'herbe. Sa nature schisteuse fait que les roches se décomposent rapidement en gravier et sable. Pas moyen de s'isoler pour un pipi stop! C'est là aussi très fleuri.
Des cascades entaillent les flancs.
Nous atteignons des granges tapies au milieu des alpages . C'est tout juste si elle dépassent de l'herbe. Puis commence la descente vers une épingle de la route du col Agnel. Nous suivons celle ci sur deux cent mètres avant de dégager à gauche par un sentier boueux et glissant en surplomb d'une gorge très étroite.
De nouveau la route que nous allons suivre jusqu'au village, sous quelques gouttes de pluie.
Nous traversons tout le village tout en pierres puis suivons quelques venelles pour enfin déboucher sur le gîte de Brigitte, figure locale ayant quitté le sud de la France pour ouvrir un gîte avec l' italien qu'elle a épousé. Son accueil et chaleureux et elle est partout à la fois, finissant même la soirée en jouant de l'accordéon!
L'étape de demain est plus cool, aussi le départ est fixé à 8 h 30.
 
Cinquième jour: De Chianale au refuge de la Blanche par le col Blanchet (2901 m).
 
D'abord à travers champs, puis dans la forêt de mélèzes, nous entamons la montée sur un beau sentier de montagne plein de fleurs. Nous avons la perspective sur le vallon par lequel nous sommes descendus hier, apercevons la route du col Agnel. Plus haut la tête des Toillies fait son apparition. Nous sommes assez proches de l'autre équipe pour qu'à chaque pause nous nous retrouvions. Nous atteignons le lac bleu que nous longeons. Le secteur est riche en lacs: lac Nero, Cavalle, Bes, Longet, du Longet...). Une bifurcation amène au col du Longet que nous ignorons pour préférer le col Blanchet.
Nous continuons dans un terrain de haute montagne, plus riche en pierres qu'en herbe. Quelques fleurs toutefois s'y sont adaptées, comme la benoîte rampante, la silène acaule ici sous forme de demi sphère verte piquée de minuscules fleurs roses...
Une cuvette va nous servir de salle à manger, pour le moment en plein soleil. Mais du coté du Viso qui a disparu dans d'épais nuages noirs, c'est l'orage qui se prépare. Nous ne nous éternisons pas et le projet de détour par Rocca del Nigro est abandonné.
Nous passons le col en même temps que les premiers nuages. Sur le coté français, c'est encore clair. Des grondement nous parviennent de l'est. Nous attaquons la descente avec quelques gouttes éparses. Les nuages semblent bloqués sur la frontière. Le refuge de la Blanche est en vue, niché près de son lac. Les randonneurs se pressent de redescendre vers ND de Clausis d'où part la navette pour Saint Véran.
Nous atteignons le refuge sans avoir sorti les ponchos.
Nos dortoirs nous sont affectés. Il est 15 h. L'après midi risque d'être longue, d'autant que l'orage est arrivé et qu'il pleut des cordes. Des randonneurs enfouis sous leurs ponchos arrivent au refuge.
Après la douche, nous allons boire une mousse et papoter. Certains tentent de rattraper le manque de sommeil.
Enfin, l'heure du repas approche. Marc, le maître des lieux et organisateur de notre trek convie tout le monde à l'apéro dehors (il ne pleut plus) pendant que le personnel dresse les tables. Un accompagnateur d'un autre groupe (Jonhatan) nous fait chanter en s'accompagnant à la guitare.
L'effet désinhibant de l'alcool contribue au joyeux tintamarre qui règne ensuite dans la salle à manger où se pressent 70 convives. Quelques bouteilles circulent, accentuant le phénomène!
Potage suivi de salade nous préparent au plat de résistance: pollenta! Non, je rigole, c'est une  croziflette à la tomme du Queyras qui nous est servie (tartiflette où les patates sont remplacées par des crozets). Délicieux mais très roboratif. Nous calons avant d'avoir fini le plat très généreux qui nous a été servi.
Puis devant nos yeux hagards, Marc passe avec un bleu de Montbardon! Nous n'avons pas regretté de le goûter. Une merveille!!! Un grumble clôture  le repas que nous avons arrosé au Beaume de Venise rouge offert par Eric.
La nuit a été un peu agitée car la digestion s'est faite lentement!
Demain déjeuner à 7 h pour départ à 8 h pour le groupe décidé à aller faire un 3000 au Caramantran, ou 8 h 30 pour la liaison directe avec le col de Chamoussière.
 
Dernier jour: Du refuge de la Blanche à l'Echalp par les cols de Chamoussière et Vieux.
 Une douzaine de personnes sont prêtes à affronter le 3000. Les accompagnateurs tirent au sort qui ira au sommet. C'est Jérémy qui gagne.
Départ tranquille à l'ombre,  5° au thermomètre! La petite laine s'impose! Puis le soleil passe les crêtes et nous quittons vite les habits chauds.
Le sentier serpente dans l'alpage et nous conduit à la crête. Nous voici un pied en France, un pied en Italie. Le Viso est bien visible mais en contre jour. Nous suivons le sentier de gauche qui serpente sur l'épaule du pic. Cela devient franchement rocheux et glissant après l'orage de la veille.
Et puis voila le sommet qui permet d'avoir une vue sur 360°. La vallée de la Blanche coté français et les sommets qui la bordent, mais aussi les Ecrins, le Viso, l'Argentera...peut être le mont Blanc.
Descente sur le col de Chamoussière où nous faisons la jonction avec l'autre groupe.
Une grande traversée descendante nous amène en dessous du col Agnel. Vous voyons la route et le refuge. C'est un sentier très prisé et nous croisons quantité de randonneurs, impressionnés par notre groupe de 20, puis des vététistes en vélo assistés. Une jeune fille nous fait une belle démonstration de chute démontrant une mauvaise maîtrise de l'assistance électrique.
Une petite erreur de navigation de Simon nous oblige à remonter quelques dizaines de mètres.
Nous traversons enfin la route et la suivons sur le bas coté. Du génépi en fleur pousse là en belles touffes!
Des aménagements tentent de juguler l'érosion due au nombreux randonneurs qui gravitent entre le col Agnel, le col Vieux et le Pain de Sucre (3208 m) très fréquenté car très facile d'accès (400 m de dénivelée depuis le col Vieux!).
Nous atteignons le col Vieux où nous faisons une pause avant de dégringoler par le vallon de Bouchouse vers les lacs Foréant et Egourgéou. Nous déjeunerons à Egourgéou.
Ces lacs sont des zones humides sensibles et un périmètre de protection les entoure.
Nous trouvons un coin herbeux au bord du lac dans lequel nos amatrices d'eau froide sont allées se baigner.
Dernier pique-nique la Vie Sauvage: taboulé, saucisson (excellent), tomme du Queyras...
Plus qu'à suivre les lacets qui dégringolent dans la forêt retrouvée. Celle ci a payé un lourd tribut aux fortes chutes de neige de l'hiver et nombre d'arbres sont cassés.
Le torrent est en vue et nous en rejoignons la berge pour la suivre jusqu'au parking de l'Echalp. L'incertitude sur la récupération des bagages est levées. Ils sont dans l'Espace de Jérémy.
Un dernier pot est pris au gîte de l'Echalp avant la dispersion (bien qu'en fait, le feux d'Aiguille ait de nouveau regroupé tout le monde!).
 
Conclusion
 Un bien beau circuit qui allie moyenne et haute montagne. Les paysages sont grandioses et nous avons bénéficié d'une floraison magnifique en retard pour la saison. Gîtes et refuges sont corrects: douches chaudes, bonne nourriture, parfois des dortoirs de petite capacité. Bien sûr, dormir à plusieurs entraîne quelques désagréments: ronflements, pipi nocturnes, levers de bonne heure... Mais avec des boules Quiès on arrive à se reposer.
La Vie Sauvage ne nous a pas déçue: accompagnateurs sympathiques et compétents, choix des parcours judicieux, sacs plus légers grâce à l'accompagnement de nos bagages 3 jours sur 6. Merci Marc.
Une fois de plus, la météo s'est montrée clémente: quelques gouttes, quelques nuages mais la plupart du temps soleil et douceur.
Le RCV a bien résisté malgré la distance et les dénivelées. Même si la fatigue se fait sentir à la fin, tout le monde a apprécié ce trek, en particulier JP pour qui c'était une première.
A renouveler l'an prochain.